LES FAIENCES ET LA TERRE DE LANGEAIS Les faïences de Langeais www.amoureuxduvieuxlangeais.fr - 2016 UNE MANUFACTURE QUI FAIT ENCORE PARLER D’ELLE Lorsque  le jeune Charles de Boissimon arrive à Langeais (voir encadré « Charles de Boissimon »), il a un petit pécule qui  lui vient par héritage de son père, de solides attaches familiales et une petite expérience du travail de la terre. Il aime  beaucoup le dessin. Son cousin et associé connaît bien le commerce et la gestion. Ils vont fonder une usine sur les bords de Loire alors que  traditionnellement les lieux de production des briques et des carreaux se situent à La Rouchouze. Bel exemple  d’anticipation sur l’évolution des techniques et l’évolution de la Ville. Dès 1841 Charles de Boissimon et Compagnie se voient attribuer  une médaille pour produits réfractaires. Mais en 1843 la manufacture reçoit une médaille d’argent à  Angers pour « vases, creusets et briques réfractaires ». Nous y voilà !!!! Charles va continuer sa production de produits  réfractaires mais va se lancer dans la folle aventure des «  FAIENCES DE LANGEAIS ».  LE DEBUT DE LA PRODUCTION Charles commence à offrir à la clientèle des vases, coupes et  lampes blanches décorées de grappes et pampres de vigne. En 1848 une nouvelle récompense indique qu’elle lui est décernée pour « vases, corbeilles y compris de diverses  couleurs ». C’est de cette époque que datent les langeais colorés dont les tons s’étendent du jaune au marron foncé. C’est également à cette époque qu’apparaissent les Langeais polychromes suite aux travaux de Régnault et Salvetat. LA GRANDE PERIODE Entre 1850 et 1860 il va y avoir une véritable explosion des techniques. Brongniart a conseillé à Charles d’ajouter du Kaolin à la terre de Langeais pour la rendre encore plus malléable.  Boissimon va pouvoir alors laisser libre cours à son imagination. On trouve des vases, des corbeilles tressées, palissadées, avec des anneaux mobiles, des décors rouges, bruns,  bleus, des pots à tabac... C’est en 1862 que Boissimon dépose un brevet « d’impression d’or et de platine sur matières vitrifiables ». Voici que s’ouvre la période éclatante des langeais à décor platine. Le platine, métal inaltérable et inoxydable et d’un prix  très abordable au XIXè siècle donne à nos faïences cet éclat incomparable que nous pouvons encore admirer de nos  jours. Enfin notons que c’est  vers 1879 que l’on voit apparaître « les bleus de Langeais ». LA FIN DE L’AVENTURE Charles de Boissimon meurt en 1879. Son fils, Charles Marie Raoul Héard de Boissimon, médecin, laisse la gestion de  l’usine à Paul Arthur Busson de Langeais. On fait peu d’investissements dans l’usine. De 1879 à 1889 on assiste à un  léger déclin des productions. Les tressés sont de plus en plus fins et on voit apparaître des décors héraldiques. En 1889, il meurt à son tour. La veuve de Raoul de Boissimon va tout mettre en œuvre pour sauver l’entreprise mais en vain. Etant donné les événements familiaux la manufacture va décliner. On tombe dans une production de second choix : objets de foire, de loterie ou vendus par des marchands ambulants  avec décalcomanies. L’entreprise sera vendue à MM. Léon Paul Dargouge et Georges Granboulan en 1909. Ils essaient de faire revivre la  fabrique et font à nouveau des faïences artistiques qu’ils destinent à des marchés étrangers. La guerre de 1914 éclate. L’usine a  connu ses heures de gloire avec les faïences mais n’a jamais abandonné la  fabrication des réfractaires. Elle s’est même spécialisée dans les pièces de forme pour garnir les chaudières de bateaux  et de locomotives. L’usine doit abandonner la fabrication des semi-porcelaines fines pour se consacrer uniquement à la  production des réfractaires, seuls utiles en temps de guerre. A la fin de la guerre les goûts ont changé, la production de faïences est définitivement abandonnée. Mais au fait comment reconnaît-on une faïence de Langeais ? Après avoir lu notre livre sur « Les faïences de Langeais » elles n’auront plus aucun secret pour vous et  vous saurez les reconnaitre. Pour vous le procurer, cliquez sur le bouton « Les  Publications des AVL ». Brique fabriquée dans l'usine de Charles de Boissimon Faïences blanches de Langeais Faïences colorées de Langeais Faïences de Langeais polychromes Après 1850, explosion des formes et des couleurs Faïences de Langeais de la grande époque à décor platine ou doré Faïences bleues de Langeais Langeais avec décors héraldiques Langeais avec décalcomanies Aiguière marquée DG pour Dargouge/Granboulan 2 exemples de signatures d'une faïence de Langeais Signature d'une faïence de Langeais à l'époque Dargouge-Granboulan CHARLES DE BOISSIMON Né en 1817, Charles Héard de Boissimon a 22 ans  lorsqu’il devient propriétaire à Langeais en 1839. Le  père de Charles, Charles Elisabeth de Boissimon, était  fabricant de carreaux et de tuiles dans le Maine-et  Loire ; à partir de 1835, il  habita Paris où il entretint  des rapports étroits avec  Alexandre Brongniart,  directeur de la fabrique de  céramiques de Sèvres.  Charles profitera de ces  liens : au cours de ses  séjours parisiens, il  rencontrera Brongniart et,  plus tard, entre les  manufactures de Sèvres et  de Langeais, les échanges  seront fréquents. Il  semble que les  découvertes faites à  Sèvres furent appliquées rapidement à Langeais.  La disparition de son père, le 10 mars 1839, conduit  Charles Héard de Boissimon à prendre son destin en  mains. Il choisit de s’installer à Langeais où le travail  de l’argile est une activité traditionnelle mais aucune  fabrique d’envergure n’y est encore implantée. Et,  surtout, la production de faïences n’en est qu’aux  balbutiements. Par ailleurs, dans cette commune,  Charles a de solides attaches familiales. Son oncle,  Casimir Boilesve, est maire de Langeais et son cousin  germain, Julien Boilesve, y est négociant ; ils vont tous  deux s’allier pour implanter, en 1840, une usine à  Langeais pour fabriquer des briques et des  carreaux.  Les deux associés se lancent alors dans une  entreprise, certes extrèmement utile sur le plan  économique pour la circulation des marchandises et  des hommes mais surtout financièrement très  hasardeuse : la construction du Pont de Langeais    (qui fut achevée en 1849). Un cahier des charges  draconien, de graves déboires techniques et la crise  économique à partir de 1844-1845 vont rendre  l’entreprise fort coûteuse et conduire à la séparation  des deux associés : Charles Héard de Boissimon  devint alors seul chef de l’entreprise “La Fabrique de  Langeais” jusqu’à sa mort en 1879.  Au cours de la première décennie (1840-1850),  l’entreprise fabrique essentiellement des produits  réfractaires. Par la suite, sans jamais abandonner les  briques, carreaux, calorifères, creusets de hauts  fourneaux..., Charles se diversifie et améliore sa  production de faïences fines, notamment en utilisant  un matériau encore peu connu et pas très onéreux :  le platine  sans lequel les faïences de Langeais  n’auraient pas connu une telle notoriété. A la veille de  sa mort, la Fabrique de Langeais vendait  annuellement jusqu’à 5 000 tonnes de produits  céramiques de toutes espèces.