www.amoureuxduvieuxlangeais.fr - 2016 Langeais est une commune située au bord de la Loire : tout ce qui fait la réalité langeaisienne a été influencé par  le fleuve. Ses rives sont habitées depuis plus de 30 000 ans parce que l’eau était présente et les conditions de  vie y étaient possibles. Les activités qui y sont pratiquées ont de tous temps été inspirées par cette rivière  majestueuse, les quelques lignes qui suivent en témoignent. Un accent sera plus particulièrement mis sur 3  thèmes qui ont marqué et marquent encore l’histoire de Langeais la ligérienne :       - LE PONT DE LANGEAIS       - LE  CHANVRE       - LES TANNERIES LANGEAIS : COMMUNE LIGERIENNE LANGEAIS, la LIGERIENNE La Loire classée dès l’année 2000 sur la liste du patrimoine mondial a toujours été à la fois un lien entre les populations, un  moyen de transport, une source de fertilité mais aussi une frontière parfois difficile à franchir à cause des caprices du fleuve. Grotte de La Roche  Cotard à Langeais : ce  site semble n'avoir été  fréquenté que par  l'homme de Néanderthal  il y a plus de 30 000 ans  Dès les temps paléolithiques les hommes ont vécu en Touraine. La grotte  de la Roche Cotard située à Langeais, sur une propriété privée mais  minutieusement inventoriée, en est le plus bel exemple.   La civilisation romaine a  laissé des traces dans toute notre région. C’est au IIIè siècle que le Christianisme apparaît en Touraine. En 397 lorsque Saint  Martin meurt à Candes (sur la Vienne) ses fidèles de Touraine s’emparent  de sa dépouille, la déposent dans une barque et la ramènent  triomphalement à Tours. La légende raconte qu’au passage du corps du  saint, les arbustes refleurissaient, d’où le nom de l’été de la Saint Martin. Les Rois et la cour ont emprunté le fleuve pour se rendre d’un château royal à un autre. N’oublions pas que Charles VIII est  venu de Tours en bateau pour rejoindre sa promise Anne de Bretagne. C’est en effet à Langeais qu’eut lieu leur mariage en  1491, union qui créa les conditions de l’annexion de la Bretagne à la France en 1532. A la Renaissance, outre les rois et la cour, les poètes, les peintres vont apprécier notre région. « La Loire est une Reine et  les Rois l’ont aimée » dit le poète. Quoi de plus vrai lorsque l’on voit le nombre de châteaux bâtis sur les rives du fleuve !!! Le fleuve royal qui faisait voyager les hommes se devait aussi de transporter les marchandises. Ses rives couvertes d’arbres  fruitiers, de vignes, toutes les primeurs du « jardin de la France » étaient acheminées par voie fluviale. Et primeur entre  toutes le melon : l’emblème de Langeais a été longtemps 3 melons.   Mais pendant des  siècles  des droits frappent toutes les  denrées (sauf le sucre) et les passagers. Les nombreux  péages établis sur le fleuve au profit des seigneurs riverains, gênent la circulation. Après la Révolution et avec les débuts de l’ère industrielle la  Loire va jouer un rôle important dans le transport des  marchandises. Toues, gabarres, sapines  puis ensuite  bateaux à vapeur vont sillonner le fleuve. A la descente, les  bateaux transportent bois, charbon, fer, tuiles et carreaux,  faïences de Gien, Blois, Tours, Langeais, chanvre et  cordages de la région de Langeais… A la remonte, ils   Train de Gabarres acheminent, lorsque « le vent de galerne » souffle, sel, poisson de mer salé et séché, vins, chanvre et quelques produits exotiques. A Langeais ce n’est pas un hasard si Charles de Boissimon établit  tout près du port son usine de production de tuiles, briques et  faïences. Le port est actif et on y embarque toute la production  des autres manufactures qui travaillent elles aussi la terre. Mais la concurrence du chemin de fer mettra un terme à cette  aventure marchande laissant la Loire aux pêcheurs, aux baigneurs et maintenant à la navigation de plaisance. Au cours de l’histoire le fleuve a joué son rôle de lien fédérateur  entre les populations. Ces gens de la Loire ont toujours éprouvé  pour Elle et ses affluents  de l’amour et de la fierté mais ils ont  toujours aussi redouté les colères et les caprices du fleuve  sauvage ; crues dévastatrices, embâcles par les glaces, basses  eaux entravaient la navigation et le commerce. Usine de C. De Boissimon Embâcles et débâcles près du pont de Langeais LE PONT DE LANGEAIS Langeais est situé sur un axe nord-sud important qui relie Le Mans à Poitiers. Voyageurs et marchandises doivent attendre le « passeur » lorsque la Loire le permet car il n’y a pas de pont entre Tours et Saumur. Casimir Boislesve, le maire de Langeais de l’époque, va batailler durement pendant 7 ans pour qu’enfin une ordonnance  royale de 1839 « autorise  la construction d’un Pont suspendu à double voie sur la Loire, devant la Ville de Langeais  ». Après bien des vicissitudes le pont sera inauguré le 4 mars 1849. Notre pont suscite toujours beaucoup d’interrogations par son  architecture…. Contemporain du château ou pas ? Pont médiéval ou  non ? Mais revenons à son histoire pour le moins chaotique. En 1859  la foudre détruit une partie du pont. Reconstruit il fut inauguré en 1861. Il va connaître les affres de la guerre de 1870 et sera à  nouveau reconstruit. Son importance n’étant plus à prouver il a été modernisé en 1934. La guerre de 1940 ne l'a pas non plus épargné : point stratégique entre France libre et France occupée il fut détruit pendant la guerre et reconstruit en 1950. Le pont a été renforcé en 1982 et 1983 pour permettre le passage de véhicules de  gros tonnages et modernisé en 2006. De nos jours rénové, embelli, mis somptueusement en  lumière il parade la nuit venue à l’entrée sud de notre  Ville.   Le pont de Langeais fait l'objet d'une nouvelle  publication, plus riche, plus complète et en  couleurs. La Loire y est à l'honneur. Pour vous la  procurer cliquez sur le bouton "les Publications  des AVL”.   LE  CHANVRE Il était cultivé sur la rive gauche de la Loire, au sud de Langeais dans le village de Bréhémont. La graine de chanvre ou  chènevis  a besoin d’un terrain très humide pour germer. A Langeais le coteau est trop prés de la Loire et il n’y a que très peu  de champs inondables. Mais de l’autre coté de «  l‘iau » le sol alluvial et fertile des varennes, les crues de printemps dues à la  fonte des neiges dans le Massif Central donnent à la plante les conditions idéales pour atteindre en 3 ou 4 mois ses 2 m de  hauteur. Le Cher et l’Indre présents sur la commune  de Bréhémont fournissent  l’eau nécessaire au rouissage et autres  opérations utiles pour passer de la plante aux balles de chanvre. Le chanvre était filé chez les  particuliers pour un usage  domestique, travaillé par les  cordiers sur les bords de la Loire à  Langeais ou expédié par bateaux  en amont pour fabriquer cordages  et voiles de bateaux. L’apparition du nylon a fait disparaître chanvre et chanvriers. Le chanvre aurait d’autres propriétés que nous n’évoquerons pas ici. Pour l’anecdote disons seulement que les bréhémoniers affirmaient que « lorsque les poules mangeaient des graines de  chènevis, elles étaient saoules ». Le Chanvre a fait l’objet d’une publication des AVL. Pour vous la procurer, cliquez sur le bouton « Les  Publications des AVL ».   LES TANNERIES Les plus anciens habitants de langeais parlent encore de l’odeur pestilentielle qui régnait aux alentours de la dernière  tannerie langeaisienne. Si la rive sud du fleuve est drainée par les grands affluents de la Loire : Cher, Indre et Vienne, la rive Nord prés de Langeais  a son coteau entaillé  par de nombreux petits affluents qui descendent des plateaux argileux. Si leur nom n’est pas connu  hors de notre canton ils ont  joué un rôle important dans notre ville. Ils ont pour nom le Breuil et la Roumer. Tout d’abord, lors des crues leurs eaux se mêlaient à celles de la Loire. La mémoire locale garde le souvenir des grandes  crues de 1846, 1856, 1866 et 1907. Les eaux atteignaient en centre ville le premier étage des maisons. Quelques traces des niveaux d’eau sont encore visibles  sur les murs des habitations de la Ville. Au XIXè siècle a été construit un tunnel de 800 mètres de longueur avant l’entrée de la rivière dans Langeais, qui débouche  en aval de la Ville dans la Loire. Il permet d’évacuer le trop plein des eaux et est l’une des protections utilisées par la Ville  pour se prémunir des crues dévastatrices du fleuve et de ses affluents. Toutes ces petites rivières prennent  naissance sur les plateaux argileux qui dominent Langeais. Nos plateaux sont  recouverts  d’un immense massif forestier et parmi les essences rencontrées on trouve des chênes et des châtaigniers. Les  écorces de ces jeunes arbres sont riches en tanin. Celui-ci a pour propriété de colorer les peaux mais surtout de les rendre  imputrescibles. Sur la Roumer on fait état de « moulins à tan » dès 1652. Tout naturellement l’existence de ces moulins est  liée à la présence de tanneries. Les registres paroissiaux nous apprennent l’existence de marchands tanneurs aux XVIè,  XVIIè et XVIIIè siècles."    Le XIXè siècle semble avoir été à Langeais celui des propriétaires tanneurs.    Avant de procéder au tannage la peau brute doit subir de nombreuses opérations  qui nécessitent toutes un travail en  rivière. Les opérations suivantes ont également besoin d’eau pour se dérouler dans de bonnes conditions et la proximité  de la Roumer favorisait ce travail important et long. La dernière tannerie de Langeais a fermé en1962 lorsque l’Institut de France propriétaire du château en a fait l’acquisition pour  réaliser le parking du château. Les Tanneries ont fait l’objet d’une publication des AVL.  Pour vous la procurer, cliquez sur le bouton « Les  Publications des AVL ».   La Loire à Langeais, comme tout le long du fleuve, a rythmé la vie, le travail  de ses habitants au cours des siècles.  La Loire site stratégique par excellence, a été un enjeu de poids au cours des derniers conflits. Le pont de Langeais a payé en 1870 et 1940 un lourd tribut. Un wagon souvenir, monument national des évadés des trains de  déportation, nous rappelle qu’un train de déportés stationné en gare de Langeais en août 1944 a été, par erreur bombardé par l’aviation  anglaise. Le souvenir de nombreux morts, de nombreux blessés  secourus par la population langeaisienne et aussi de beaucoup  d’évasions reste encore dans la mémoire et le cœur des  langeaisiens qui ont vécu cette époque tragique. Le devoir de  mémoire se perpétue tous les ans à Langeais, au mois d’août avec  la venue des anciens déportés rescapés de ce train mais  maintenant avec leurs enfants et petits enfants. Et pourquoi ce train était-il arrêté dans cette gare ? Le pont de chemin de fer qui traverse la Loire à Cinq-Mars-la-Pile  commune voisine de Langeais, sur la ligne Saumur-Tours avait été bombardé et la circulation ferroviaire interrompue. La Loire restera donc toujours cette frontière naturelle, vivante et attachante, qui partage tant au point vue  météorologique que géographique et historique notre pays en deux parties au nord et au sud de la Loire. Le Pont de langeais tel qu'il fut construit en 1849 Le "nouveau" Pont de Langeais en cours de restauration Le Pont de Langeais merveilleusement mis en lumière Du chanvre dans les champs de Bréhémont Le travail du cordier La tannerie Grandpierre sur la Roumer près du château de Langeais en 1918 Un tanneur de la tannerie Grandpierre en 1916 Le parking du château en lieu et place de la tannerie Grandpierre Le wagon souvenir des évadés des trains de déportation LA MER A LANGEAIS Douceur et  climat ligériens ne sont pas  de vains mots… Cette douceur trouve son  origine très loin dans l’histoire de la Terre  et dans l’établissement du lit du fleuve  royal. Les mers qui ont recouvert  successivement notre région, au cours des  temps géologiques, venaient de l’est. La  Loire et ses affluents avaient un cours  nord-sud.   Il y a environ 25 millions d’années, une  mer chaude dite « mer des faluns » est  venue du nord-ouest. Suite au plissement  alpin le sol tourangeau s’est élevé  d’environ 130 mètres. La mer des Faluns  s’est retirée entrainant avec elle la Loire et  ses affluents qui ont  creusé leur lit dans  les terrains secondaires déposés aux ères  précédentes. Notre région s’est alors  ouverte vers l’ouest et bénéficie d’un  climat de type océanique.  Comparez le  climat d’Angers, Langeais et Tours avec  celui de Dijon située sur la même latitude,  quelle différence !!!   Le Val de Loire a un climat ligérien doux  et parfois humide qui donne à nos cieux  un bleu ardoisé et une atmosphère feutrée  typiques du Val de Loire.